60 milliards : le coût de l’absentéisme

Selon les baromètres de l’absentéisme d’Alma Consulting Group et de Malakoff Médéric, les absences, ainsi que leur durée, augmentent. Coût total estimé  : 60 milliards d’euros

Après un léger tassement en 2013 (15,6 jours d’absence par salarié), l’absentéisme du secteur privé est revenu quasiment à son niveau de 2012 (16,6 jours d’absence par salarié) avec un taux d’absentéisme national à 4,59 % (16,7 jours par salarié en 2014) selon le 7ème baromètre d’Alma Consulting. Les chiffres publiés par la Caisse Nationale d’Assurance Maladie (CNAMTS) et par Malakoff Médéric vont dans le même sens : selon le baromètre de l’assureur, l’absentéisme concerne un tiers des salariés français pour une durée moyenne d’arrêt maladie de 18,1 jour, un chiffre en augmentation, quelle que soit la taille d’entreprise. Mauvaise nouvelle, le nombre des arrêts de plus de 10 jours augmente (+5%) alors qu’a contrario les arrêts de moins de 10 jours diminue selon Malakoff Méderic . Le taux de « toujours présents », qui n’ont connu aucune absence en 2014, se stabilise, quant à lui, autour de 53% d’après les DRH interrogés par Alma Consulting.

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Contrairement aux idées préconçues, les niveaux d’absence déclarés par les hommes et les femmes sont identiques, à 24%, même si les hommes s’éclipsent plus souvent mais moins longtemps selon Alma Consulting. Par âge, les moins de 30 ans restent évidement les plus résistants. Et, plus le salarié est âgé, plus l’arrêt maladie est long (28,2 jours pour les salariés de plus de 50 ans contre 11 jours pour les moins de 30 ans). Par ricochet, les salariés âgés de 30-39 ans sont les plus touchés, la conjonction de contraintes spécifiques à cet âge expliquant ce chiffre : responsabilités familiales fortes (jeunes enfants) alors que la carrière professionnelle bat son plein (exigences de productivité, enjeux professionnels déterminants).

Par secteurs, c’est traditionnellement les professionnels de santé qui sont les plus touchés avec 37,2% de salariés absents dans l’année selon Malakoff Médéric. Sur ce front rien ne change. En revanche, le commerce, secteur épargné jusqu’à présent, connaît une forte hausse (+ 1,6 point). Sans surprise, hormis la santé, les raisons invoquées sont inhérentes à l’organisation de l’entreprise : mauvaises conditions de travail (9%), manque de reconnaissance (7%), charge de travail (6%), mauvaise ambiance (4%) ou encore manque de soutien managérial (4%).

Le grand intérêt de l’étude d’Alma Consulting, réalisée en partenariat avec Goodwill-management, est de rappeler le coût direct de l’absence pour les entreprises en France qui s’élèverait à 45 milliards d’euros… Le cabinet a en effet identifié l’ensemble des coûts directs  : le maintien du salaire du salarié absent _dont une part reste à la charge de l’employeur_, son remplacement éventuel, enfin la perte de valeur ajoutée entraînée par cette absence. A cela, s’ajoutent les coûts indirects  : le coût de la prévoyance, de l’assurance complémentaire permettant la prise en charge d’une partie du salaire des employés en congé maladie, le montant de la cotisation AT/MP (proportionnel au nombre d’accidents de travail et de maladies professionnelles déclarés) enfin les coûts fixes liés à certaines actions volontaires destinées à prévenir l’absentéisme. Au total, ces coûts indirects s’élèveraient à 15 milliards d’euros supplémentaires, ce qui pourrait porter la facture totale de l’absence en France à 60 milliards d’euros… Malakoff Méderic évalue à 42 emplois à temps plein (ETP) l’impact financier pour une entreprise de 1.000 salariés.

Source : http://business.lesechos.fr/directions-ressources-humaines/ressources-humaines/bien-etre-au-travail/021314489865-l-absenteisme-continue-a-progresser-202699.php

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