Aide à domicile : un travail à risques

C’est un métier en pleine expansion, qui recrutera beaucoup d’ici 2020, mais difficile et peu valorisé. L’enquête menée en Limousin pointe les améliorations nécessaires.

A 57 ans, Brigitte est une aide à domicile dévouée à son travail. Chaque jour, à Limoges ou dans sa proche périphérie, elle se rend chez des personnes âgées, malades ou en situation de handicap pour les aider dans leur quotidien. Un métier difficile qu’elle exerce avec passion depuis quinze ans. « C’est diversifié et enrichissant », apprécie cette employée de l’association Actid 87.

Comme elle, plus de 8 salariés sur 10 évaluent positivement leur profession d’aide à domicile, selon l’étude Evrest (évolutions et relations en santé au travail), réalisée en Limousin par des médecins du travail et des infirmières auprès de 786 personnes rendant des services directs aux particuliers (voir encadré ci-dessous sur la méthodologie). Et ce, en dépit d’une forte pénibilité et d’un criant manque de reconnaissance.

Senior woman with her caregiver at home

« Un nombre considérable d’accidents du travail »

Car bien qu’investies, les aides à domicile sont très souvent soumises à des risques divers, révèle cette enquête. « Ce sont des personnes isolées, qui travaillent seules chez des bénéficiaires et dont l’engagement physique, humain et émotionnel est important : autant de conditions qui en font une population particulièrement exposée », selon le docteur Christine Degrassat, médecin à l’AIST 87 (*) et coordinatrice de l’étude. Le secteur d’activité est ainsi touché par « un nombre considérable d’accidents du travail » : plus de 1.000 recensés dans la région par l’assurance-maladie entre 2012 et 2014, dont 143 accidents de la voie publique, 240 arrêts liés à une manutention et près de 350 chutes, sans compter les reconnaissances de maladies professionnelles ou d’inaptitudes (liées à des troubles de l’appareil locomoteur ou à de la souffrance psychique).

Sans toujours en arriver là, les efforts physiques sont en tout cas multiples et jugés difficiles pour la moitié des aides à domicile : des postures contraignantes au port de charges lourdes, en passant par les gestes répétitifs et la station debout prolongée. Conséquence : les troubles musculo-squelettiques sont fréquents. Au-delà de 45 ans, 40 % ont des problèmes de dos. Une autre problématique rencontrée est liée aux nombreux trajets : un quart des aides à domicile se disent exposées à une conduite routière prolongée (contre 5 % des femmes salariées du Limousin).

Violences verbales, physiques, psychologiques

Ce n’est pas tout : l’impact des conditions de travail sur la santé des salariées du secteur, souvent au contact de la maladie et de la mort, est aussi psychique. Plus d’un tiers des aides à domicile rapportent avoir fait l’objet de violences verbales, physiques ou psychologiques au cours des douze derniers mois. Plus de la moitié se plaignent d’exercer dans des locaux sales (déjections animales…) ou insalubres (humidité…). Bref, il faut avoir le cœur bien accroché.

Un panorama assez peu engageant, donc, alors que la profession est appelée à fortement se développer et à recruter avec le vieillissement de la population et l’enjeu du maintien à domicile. D’où un certain nombre de recommandations émises en conclusion de cette étude Evrest.

Source : http://www.lepopulaire.fr/limousin/actualite/2015/12/17/laide-a-domicile-un-travail-a-risques_11708922.html

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