Auteur : adminifpst

L’OIT s’alarme à la veille de la Journée mondiale de la sécurité et de la santé des salariés.

Ce sont des données peu connues qui font froid dans le dos. Toutes les quinze secondes, un travailleur meurt d’un accident ou d’une maladie liée à son emploi, selon les chiffres de l’Organisation internationale du travail (OIT). Pendant ce même laps de temps, l’OIT affirme aussi que 153 personnes auront été victimes d’un accident lié à leur activité. Au total, ce sont donc 6 300 personnes par jour, soit 2,3 millions par an, qui décèdent à cause de leur travail. À la veille de la Journée mondiale de la sécurité et de la santé au travail, qui a lieu le 28 avril, l’OIT a tenu à le rappeler.

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Organisée depuis 2003, cette journée aborde chaque année une thématique différente. Cette année, c’est le stress qui est mis en lumière. « Le stress lié au travail est désormais généralement reconnu comme un problème mondial affectant toutes les professions et tous les travailleurs tant dans les pays développés qu’en développement. Dans ce contexte complexe, le lieu de travail est une source importante de risques psychosociaux et, en même temps, le lieu idéal pour y faire face afin de protéger la santé et le bien-être des travailleurs », explique l’OIT.

En 2005, face à l’augmentation du nombre de décès et de blessés, l’OIT, associée à l’Organisation mondiale de la santé (OMS), avait rédigé un appel conjoint pour mettre en place des stratégies de prévention. L’effondrement en 2013 d’un immeuble au Bangladesh, le Rana Plaza, sur des ouvrières du textile (plus de 1 000 morts) montre que ce texte est toujours d’actualité.

Source : http://www.humanite.fr/travail-un-mort-toutes-les-15-secondes-605751

Dans quel pays les salariés sont-ils les plus heureux ?

Une étude réalisée par l’institut de sondage Ipsos, en Allemagne, Belgique, Brésil, Chili, Chine, Espagne, États-Unis, France, Inde, Italie, Japon, Mexique, Pologne, Royaume-Uni et Turquie, révèle que 71 % des salariés interrogés affichent des scores positifs sur le bien-être au travail. Deux pays sortent du lot, avec un record de satisfaction de 88 % en Inde et de seulement 44 % au Japon.

Mais qu’est ce qui fait qu’un salarié se sent bien sur son lieu de travail ? Le premier critère de bien-être qui ressort de ce sondage est la gestion des compétences. C’est en effet quand le service RH offre à ses salariés une transmission et un renouvellement des compétences et gère de façon cohérente les fins de carrière, que les salariés se sentent le mieux.

Ce critère passe avant la flexibilité dans l’organisation du travail ou la promotion de la santé au travail et se positionne loin devant la prise en compte de la diversité des collaborateurs et l’intégration des jeunes.

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Comment se positionnent les Français

Selon ce baromètre, en France, 67 % des salariés interrogés affichent des résultats positifs en termes de bien-être au travail. Notre pessimisme notoire nous place derrière les Allemands, mais devant la Turquie, l’Italie et le Japon. Les principaux facteurs de mal-être sur leur lieu de travail tiennent notamment au manque d’attention et de considération de la part de leur hiérarchie et au manque de confiance quant à leur avenir professionnel au sein de leur entreprise.

« Dans des univers professionnels en profonde mutation, l’individu salarié occupe un rôle central », précise Antoine Solom, Directeur de la practice Management de la relation salariée au sein du Groupe Ipsos. « La prise en compte active de son bien-être au travail est une priorité ». Pour cela, les employeurs doivent les rassurer sur leur niveau de salaire et sur le maintien de leur emploi.

Source : http://news.radins.com/actualites/les-francais-sont-ils-heureux-sur-leur-lieu-travail,23610.html

Le taux de fréquence des accidents du travail continue d’augmenter, et trop d’employeurs, aujourd’hui encore, n’appréhendent pas la prévention comme une priorité pour chacun dans l’entreprise. Face à ces constats, le cabinet Master et le cabinet d’avocats Ledoux et associés lancent un outil interactif en ligne, pour permettre aux employeurs de se tester sur le sujet, et d’identifier les premières mesures à prendre.

83% des dirigeants ne considèrent pas la santé-sécurité au travail comme une priorité pour chacun dans l’entreprise, et près des trois-quarts n’envisage pas de mettre en place des actions de prévention dans les deux ans à venir (1). « Un trop grand nombre d’employeurs appréhende ainsi davantage la prévention comme une contrainte que comme une opportunité de faire progresser la qualité de vie au travail», regrette Vincent Baud, gérant fondateur du cabinet Master, spécialisé en solutions innovantes en matière de santé au travail.

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Des entreprises découragées par la masse des exigences règlementaires

En contrepoint, le taux de fréquence des accidents du travail a, d’après la Caisse nationale d’assurance maladie des travailleurs salariés (Cnam-TS), progressé de près de 1% sur 2014. « Dans le BTP, si les entreprises ont beaucoup progressé sur le registre de la prévention, les plus petites d’entre elles, confrontées à la masse des exigences réglementaires sur le sujet, ignorent bien souvent par où commencer», relève Vincent Baud. «Cette complexification de la matière, associée à l’augmentation des coûts liés aux accidents du travail et aux maladies professionnelles, accentue la pression sur les entreprises, et constitue une source de risques juridiques majeurs,tant sur le terrain civil que pénal », pointe de son côté Michel Ledoux, avocat au cabinet Ledoux et associés. Le nombre de litiges prud’homaux sur des demandes liées à un risque professionnel a en effet été multiplié par 250 en dix ans (2).

Identifier les premières mesures de prévention à prendre

Un contexte qui a conduit le cabinet Master à mettre au point, avec le concours du cabinet Ledoux, un outil en ligne permettant à tout chef d’entreprise de s’autoévaluer gratuitement et de manière anonyme (www.crashtest-master.com). «Ce test vise donc à mettre à l’épreuve les actions menées par l’employeur en matière de santé et de sécurité au regard de dix points clés», explique Vincent Baud. Cet outil doit ainsi permettre d’évaluer la vulnérabilité de son entreprise sur le sujet, et d’identifier les premières mesures à prendre.

« L’enjeu pour le manager de terrain est de passer d’une prévention subie à une prévention choisie, en particulier dans les plus grandes structures, où prescriptions et consignes de sécurité descendent en nombre sur le chantier, reprend Vincent Baud. Or ces règles ne font pas forcément sens avec le travail réel, a fortiori  en  cas de retards de chantier. Le chef de chantier ou le chef d’équipe doit dès lors se montrer aussi bien capable de diffuser ces consignes, que de faire remonter les besoins des salariés sur le terrain. Cela demande du temps, de l’écoute, et des moyens, mais aussi une capacité à leur donner des réponses précises et concrètes. » De quoi générer à la clef un élan de sens, et davantage de légitimité pour le manager.

Source : http://www.lemoniteur.fr/article/employeurs-du-btp-ou-en-etes-vous-en-matiere-de-securite-32435294

La JNA donne rendez-vous en octobre pour une « Semaine de la santé auditive au travail »

A l’occasion de la 43e semaine européenne de la santé au travail et pour interpeller l’ensemble des acteurs concernés, la JNA inaugure une « Semaine de la santé auditive au travail » du 24 au 28 octobre 2016.

Par cette initiative, la JNA (Journée nationale de l’audition) souhaite alerter « sur l’insuffisante prise en compte des effets auditifs et extra-auditifs dans les politiques de bien-être développées en entreprise ». L’association voit deux raisons à cette lacune : l’ignorance des effets du bruit sur l’état général de santé et une lutte contre le bruit orientée vers les seules obligations réglementaires.

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La JNA invite donc les acteurs de l’entreprise à une réflexion globale intégrant la santé auditive dans une approche positive de bien-être au travail. « Avec la possibilité de générer de vrais leviers de gains en performance, individuels et collectifs », ajoute l’association qui cite à l’appui le récent rapport du CNB évaluant le coût socio-économique du bruit. « Cela nécessite de considérer les impacts du bruit en deçà des seuils réglementaires et d’associer plus systématiquement une réflexion sur les apports de l’acoustique et de l’ergonomie ».

L’appel de la JNA

« A l’occasion de la 43e Semaine européenne de la santé et de la sécurité au travail, l’association JNA invite les pouvoirs publics, la Cnamts, les CARSAT, l’Inrs, les Services de Santé au Travail, les groupes de protection sociale, les acousticiens, les architectes, les ergonomes et l’ensemble des acteurs sociaux au sein de l’entreprise à se mobiliser pour impulser une dynamique générale de promotion du bien-être. Un cap reste à franchir pour dépasser l’approche purement défensive de lutte et s’aligner sur la définition de la santé donnée depuisplus d’un demi-siècle par l’OMS, à savoir non pas la recherche d’absence de pathologie mais un état total de bien-être physique, mental et social. »

Source : http://www.ouiemagazine.net/2016/06/24/jna-donne-rendez-octobre-semaine-de-sante-auditive-travail/

Pour la première fois durant les préparatifs d’une Coupe du Monde de la FIFA™, un système de surveillance a été mis en place pour veiller au respect des conditions de travail sur les chantiers des stades construits ou rénovés pour l’événement. La visite de lancement conduite par la FIFA et le Comité organisateur local (COL) de Russie 2018 s’est déroulée au stade Loujniki le 28 avril, déclarée Journée mondiale de la sécurité et de la santé au travail à l’initiative de l’Organisation international du travail (OIT) en 2003. Par la suite, des visites d’évaluation auront lieu tous les trois mois dans les stades de la Coupe du Monde 2018.

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La FIFA et le COL de Russie 2018 ont mandaté une tierce partie indépendante, l’Institut Klinsky de la protection du travail et des conditions de travail, pour surveiller l’évolution des conditions de travail dans les dix stades de la Coupe du Monde en construction ou faisant l’objet d’importants travaux de rénovation. Les opérations de remise à neuf du stade Loujniki, qui accueillera le match d’ouverture et la finale de la Coupe du Monde 2018, représentent un défi comparable à un chantier de construction. En conséquence, les experts ont examiné l’enceinte sous toutes ses coutures. Ils se sont également intéressés de près à la santé et à la sécurité au travail, aux risques d’incendie, à la sécurité industrielle, aux contrats de travail, aux procédures de recrutement et de démission, aux salaires et aux avantages sociaux, aux conditions de travail, au temps de travail, aux droits et aux libertés des travailleurs, ainsi qu’aux conditions d’hébergement.

« Le COL travaille dans le cadre de la stratégie de durabilité de Russie 2018 lancée en 2015. Il met systématiquement en place des mesures pour assurer des conditions de travail correctes, mais aussi la santé et la sécurité des travailleurs », souligne Milana Verkhunova, directrice de la durabilité du COL. « Notre objectif est de mettre en avant et de pérenniser de bonnes conditions de travail, la santé et la sécurité des travailleurs sur les chantiers des stades de la Coupe du Monde. Toutes les personnes impliquées dans la construction et la rénovation des stades de la Coupe du Monde partagent cet objectif. »

Des représentants de l’Institut Klinsky se sont familiarisés avec la documentation en matière de santé et de sécurité fournie aux travailleurs par le contractant principal et ses sous-traitants, avant de mener des entretiens avec les responsables et les employés des entreprises du bâtiment. La méthodologie des contrôles de la Coupe du Monde 2018 a été établie conformément aux conventions de l’OIT sur les conditions de travail ratifiées par la Fédération de Russie, au droit russe et aux statuts de la FIFA.

« Dans le cadre des efforts de la FIFA pour développer son approche en matière de droits de l’homme, nous sommes fiers de lancer avec le COL notre propre système de surveillance indépendant, ici au stade Loujniki », a déclaré Federico Addiechi, directeur de la durabilité de la FIFA. « Cette action marque le début d’un processus qui nous aidera à garantir les droits des ouvriers du bâtiment dans tous les stades de la Coupe du Monde en Russie. »

Ce système de surveillance est le fruit d’une démarche entamée en septembre 2015 par le COL et la FIFA, à l’occasion d’une étude d’auto-évaluation menée auprès des entreprises impliquées dans la construction et la rénovation des stades de Russie 2018. Plusieurs questions portaient sur les conditions de travail, la santé et la sécurité. Par la suite, une inspection du stade de Saint-Pétersbourg a été menée en présence de représentants du syndicat des travailleurs du bois et du bâtiment et du syndicat russe des ouvriers du bâtiment, en février 2016. En mars, un atelier sur les conditions de travail, la santé et la sécurité pendant la construction des stades de la Coupe du Monde 2018 a bénéficié de la participation de l’OIT et d’autres partenaires sociaux.

Source : www.fifa.com

L’inspection du travail est chargée de veiller à la bonne application de la législation du travail. Ses agents ont ainsi le droit d’entrer dans les locaux de l’entreprise. Ils ont accès également à des registres et de nombreux documents. A compter du 1er juillet 2016, faire obstacle à leur travail coutera très cher.

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L’inspection du travail est chargée de veiller à l’application de la réglementation relative au travail, ainsi qu’à l’hygiène et à la sécurité au travail.

Lorsque ses agents estiment qu’il existe un risque de violation du Code du travail au sein d’un établissement, ils peuvent y exercer leur contrôle.

L’inspection du travail a la faculté d’entrer dans tout établissement où le Code du travail est applicable, afin d’y assurer la surveillance et les enquêtes dont il est chargé (Code du travail, art. L. 8113-1 à L. 8113-3).

Lors de ses visites de l’entreprise, l’inspection du travail contrôle :

  • l’emploi (afin de déterminer l’existence de travail dissimulé) ;
  • les contrats de travail (pour vérifier le respect de l’application du SMIC, la rémunération des heures supplémentaires, etc.) ;
  • la durée du travail (afin de s’assurer de l’affichage des horaires, du respect des horaires à temps partiel, du repos hebdomadaire, des congés annuels, etc.) ;
  • les règles d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail ;
  • l’application de la convention collective et des accords d’entreprise.

Inspection du travail : attention de ne pas faire obstacle aux contrôles

Refuser de tenir à la disposition de l’inspection du travail des documents alors que c’est obligatoire, produire de faux procès-verbal du comité d’entreprise, refuser que l’inspection du travail entre dans l’entreprise, ne pas afficher les horaires de l’entreprise malgré les injonctions de l’inspecteur sont des comportements constitutifs du délit d’obstacle.

Le fait de porter obstacle à l’accomplissement des devoirs de l’inspection du travail est passible d’un an de prison et d’une amende de 3750 euros.

Cette sanction sera multipliée par 10 à compter du 1er juillet 2016, soit une amende de 37 500 euros. La durée de l’emprisonnement n’est pas modifiée.

C’est un comportement volontaire qui est répréhensible et qui est considéré comme un obstacle à la mission de l’inspecteur du travail. Si vous oubliez involontairement un document et que vous mettez tout en œuvre pour le produire ensuite, vous ne serez pas poursuivi.

Source : www.editions-tissot.fr

AT : les seniors plus touchés… en apparence

En France, les accidents du travail (AT) connaissent une baisse constante et régulière depuis plus d’une décennie. D’après une étude réalisée pour Seton (groupe Brady), spécialiste de la signalisation, de la protection et de l’équipement de sécurité, deux faits interpellent. D’une part, les salariés les plus expérimentés sont les plus touchés. D’autre part, le coût de la prise en charge des AT explose. Explications.
Dans l’attente de la publication des chiffres de l’année 2015, la société Seton (groupe Brady), a cherché à analyser les chiffres disponibles (2014) de l’Assurance maladie pour tenter d’évaluer les causes et les coûts que génèrent les accidents du travail en France. « Dans notre étude, nous avons travaillé à partir des données brutes de l’Assurance maladie puis nous avons interrogé des experts, notamment ceux de Agence européenne pour la sécurité et la santé au travail (EU-OSHA), explique Jean-Christophe Verro, responsable du marketing digital de Seton France. Deux faits nous ont interpellés. Tout d’abord, nous avons enregistré une sur-représentation des classes d’âge de 40 ans à 49 ans et de 50 à 59 ans, qui, à elles deux, cumulent un total de 41,8% du total des accidents du travail (AT). Or il s’agit là des salariés les plus expérimentés. Ensuite, malgré une baisse constante des AT, le coût de leur prise en charge explose. Nous avons voulu comprendre pourquoi. »
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Selon l’EU-OSHA, le paradoxe de la sur-représentation des plus expérimentés dans les déclarations d’AT proviendrait, en réalité, d’une sous-représentation des autres classes d’âge. « Les jeunes, et notamment les apprentis, osent d’autant moins déclarer les AT que leur position statutaire est plus fragile ou instable avec un grand nombre de postes en intérim où le taux de rotation est très élevé, reprend Jean-Christophe Verro. L’EU-OSHA a mis les pieds dans le plat là où des institutions ou des syndicats de salariés avaient eu peur de se mouiller… » Les zones du corps les plus touchées lors d’un accident, sont, par ordre d’importance, les membres inférieurs (24,5%), la zone dos-rachis-moelle épinière (21,1%) ainsi que les doigts et les mains (19,8%). Ces accidents se produisent majoritairement à la suite d’un mouvement du corps (23,8%) ou d’une manipulation d’objet (18,3%).  Précisions que les AT arrivent pour 75% sur le lieu de travail habituel, contre 5% lors d’un déplacement.

Seconde surprise, l’explosion du coût de la prise en charge des AT. Même si, paradoxalement, le nombre d’accidents du travail a été divisé par 3 en 10 ans. Certes, il y a une baisse des accidents du travail mais celle-ci s’accompagne d’une augmentation des pensions, ce qui entraîne une augmentation des dépenses. « Cette tendance se constate à l’échelle globale de l’Europe, pas uniquement au niveau de la France », poursuit Jean-Christophe Verro. Les coûts directs, à savoir les frais de santé (médicaux et chirurgicaux, pharmaceutiques, hospitalisation et rééducation), les indemnités journalières et les frais de gestion, sont compris dans une fourchette allant de 2.000 euros pour un accident avec arrêt de travail (indemnités journalières et soins de santé) à 78.000 euros pour un accident avec un taux d’incapacité permanente (IP) supérieur à 10% (capital représentatif des pensions). « Dans toute l’Europe, les coûts directs de santé prennent désormais en compte les aspects psychologiques post-traumatiques. La prise en charge devient de plus en plus globale. Certes, cette évolution est progressive mais elle est comparable à la manière de traiter les blessés de guerre pour remettre la personne dans le bon sens de sa vie. Finalement, cela signifie que les AT sont extrêmement traumatisants du point de vue psychologique, insiste Jean-Christophe Verro. Au total, les AT auraient coûté, en France en 2014, plus de 7, 5 milliards d’euros. »

A cela s’ajoutent les coûts indirects des AT qui portent sur les arrêts de production, l’enquête administrative, le remplacement de l’accidenté, le maintien du salaire au-delà du plafond, la réparation des dégâts matériels, etc. « Les coûts indirects sont 3 à 5 fois supérieurs aux coûts directs, conclut  Jean-Christophe Verro. C’est la face cachée de l’iceberg. »

En savoir plus sur :  expoprotection.com

« Le chômage est désormais un problème majeur de santé publique ». Le Conseil économique, social et environnemental (Cese) alerte mardi 10 mai avec un projet d’avis compilant les résultats des dernières études sur le sujet.

Le projet d’avis, présenté par Jacqueline Farache (groupe CGT), sera examiné à 14H30 par le Cese, avant un vote vers 16H00. Il dresse un bilan de santé alarmant des demandeurs d’emploi, alors que leur nombre – 5,76 millions selon Pôle emploi – tutoie les sommets.

10.000 à 14.000 décès par an

« 10.000 à 14.000 décès par an sont imputables au chômage en France par maladies chroniques, hypertension, rechute de cancer… et la mobilisation collective est quasi inexistante », dénoncent les auteurs, citant une étude de l’Inserm.

« Des études internationales (…) font état d’un risque de surmortalité multiplié par trois, soit un effet comparable à celui du tabagisme », poursuivent-ils.

Une autre étude récente (Inserm, assurance maladie et assurance vieillesse) met en évidence l’état sanitaire général « dégradé » des demandeurs d’emploi: par exemple, les chômeurs et les chômeuses déclarent respectivement 2,32 et 1,71 fois plus fréquemment un « mauvais état de santé ».

Par ailleurs, le chômage « accroît les troubles dépressifs et le risque suicidaire », selon le projet d’avis : « Pour une augmentation de 10% du taux de chômage, le taux de suicide tous sexes confondus augmente significativement de 1,5%. » Le taux de chômage a augmenté en France de 47% depuis 2008.

Impacts sur le couple et la famille

Mais au-delà de ses effets sur la santé, le chômage a aussi un impact social, qui « touche le couple, les enfants et l’avenir même de la cellule familiale », selon le document.

Il cite une étude de 2004, selon laquelle le chômage des parents diminuerait « de 12 points la probabilité d’obtention du baccalauréat » par les enfants.

« Le chômage a également un impact sur la stabilité de la vie familiale, car il augmente les risques de séparation », selon le projet d’avis.

Ses auteurs regrettent que les conséquences du chômage soient « largement sous-évaluées ». Ils font une série de recommandations, notamment pour améliorer l’image des chômeurs: « inscrire la précarité sociale parmi les critères de discrimination prohibés par la loi », lancer une « campagne d’information et de sensibilisation »…

Le projet d’avis préconise également de mieux documenter, par des études épidémiologiques, sociologiques et statistiques, les effets du chômage sur la santé.

Il recommande, en outre, un meilleur accompagnement des chômeurs, en leur proposant un « soutien psychologique », en les orientant vers un « premier bilan médical dès le premier entretien » à Pôle emploi, et en réfléchissant à élargir aux chômeurs le système de santé au travail.

Source : http://www.huffingtonpost.fr/2016/05/10/bilan-alarmant-consequences-chomage-sante_n_9880942.html

Onze ouvriers sont décédés dans les travaux autour des Jeux Olympiques de Rio. C’est plus que sur les chantiers du Mondial 2014 de football dans tout le Brésil.

«C’est un nombre effrayant. Il y a eu 11 morts autour des travaux olympiques depuis 2013», entre les installations pour les Jeux et les structures urbaines appelées à rester par la suite, comme des routes ou des musées, a déclaré lundi Robson Leite, responsable de l’Inspection du travail de l’Etat régional de Rio.

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Cette macabre comptabilité est consignée dans un rapport diffusé ce lundi par l’Inspection du travail. L’organisme espère «attirer l’attention pour sensibiliser les autorités sur la sécurité au travail et éviter de nouveaux accidents», a expliqué le responsable.

Course contre la montre

«C’est l’équivalent d’une équipe de football en morts. Tout vient du manque de planification, sans doute. Et de la course contre la montre au moment de finir», a dit Elaine Castilho, responsable de l’audit sur les travaux olympiques. Elle a présenté le rapport dans le cadre de la Journée mondiale pour la sécurité et la santé au travail, prévue jeudi.

Certains chantiers des JO-2016 (5-21 août) ont pris du retard, comme le vélodrome. La nouvelle ligne du métro, qui doit relier le quartier touristique d’Ipanema (zone sud) à celui de Barra da Tijuca (zone ouest), qui sera le centre névralgique des Jeux, doit être inaugurée en juillet, soit à un mois de la cérémonie d’ouverture, selon les autorités, soulevant le scepticisme général.

Et sur ce seul chantier, trois ouvriers ont perdu la vie: l’un a eu le crâne écrasé par un camion, un autre a chuté d’un escalier et un troisième a été fouetté par un tuyau contenant de l’air comprimé.

Les autres décès ont été constatés sur les chantiers suivants: Parc olympique (2 morts), Musée du Lendemain (1), route Elevado do Joa (1), route Transolympique (1), route Transbrasil (1), train de banlieue Supervia (1), Musée de l’Image et du Son à Copacabana (1).

Deux blessés graves

Il y a eu en outre deux blessés graves. Un ouvrier a été hospitalisé après une électrocution et un autre amputé d’une jambe, a ajouté Elaine Castilho.

«Il ne faut pas que les ouvriers fassent des journées exténuantes. Nous suspendrons les chantiers» si l’Inspection du travail le relève, a également prévenu M. Leite. Il a précisé avoir déjà obtenu la suspension de certains travaux, comme sur le chantier du vélodrome olympique après y avoir constaté «une série de problèmes» liés par exemple aux ceintures de sécurité ou à l’équipement électrique.

«Il y avait eu 8 morts lors des travaux du Mondial-2014 de football mais dans tout le Brésil (12 villes hôtes NDLR), et à Rio seulement nous avons eu 11 morts», a regretté M. Leite. Il a également souligné qu’aucun mort n’avait été déploré lors des travaux sur les JO-2012 de Londres. Sollicités par l’AFP, ni la mairie de Rio ni le comité d’organisation des Jeux Rio2016 n’ont répondu.

Source : http://www.lematin.ch/monde/jo-11-morts-travaux-2013/story/16069710

Plus de 40.000 nouveaux salariés par an sont pris en charge pour des troubles musculo-squelettiques (TMS), selon l’assurance-maladie.

Gestes répétitifs, postures de travail inconfortables, charges trop lourdes… En 2014, 40.852 salariés ont été pris en charge par la Sécurité sociale pour un trouble musculo-squelettique qui les a empêché de travailler. Ces TMS sont la principale maladie professionnelle recensée.

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Après deux années de baisse de la sinistralité, du fait du tassement de l’activité économique, le nombre de TMS prises en charge a augmenté de 1,5 % en 2014. Surtout, l’indice de fréquence a remonté  : alors que 2,16 salariés sur 1.000 étaient touchés en 2013, la proportion était de 2,2 pour 1.000 en 2014. Et la tendance de long terme reste nettement orientée à la hausse (+60 % en 10 ans).

Prévenir plutôt que guérir

Des chiffres qui n’ont pas laissé indifférente l’Assurance-maladie. Sa branche Accidents du travail-maladies professionnelles (AT-MP) a lancé en 2014 un programme d’aide aux entreprises de moins de 50 salariés qui font de la prévention. Ce programme TMS Pros, doté de 10 millions d’euros (maximum 25.000 euros par aide) a déjà bénéficié à 6.600 entreprises. Les aides sont ouvertes jusqu’en juillet 2017.

Les employeurs ont tout intérêt à prévenir, plutôt que guérir. Les TMS coûtent près de 1 milliard d’euros par an, intégralement couverts par les cotisations patronales – puisque les salariés, eux, ne cotisent pas pour les maladies professionnelles. Ces arrêts de travail représentent 10 millions de journées de travail perdues, soit 45.000 équivalents temps plein. L’addition serait encore plus salée si l’on ajoutait les coûts indirects, liés à l’absentéisme, aux contentieux, à la perte de compétences…

Les petites entreprises sont particulièrement concernées, car les TMS font beaucoup de victimes dans les services. Travail temporaire, nettoyage, action sociale, commerces, industries de l’alimentation… au total, plus de 15.000 cas y ont été recensés en 2014. Dans la banque, l’assurance ou l’administration, elles sont moins nombreuses (1.600 cas). Côté industriel, le BTP et la métallurgie ont totalisé 11.000 cas en 2014. Plus de 40 % des TMS touchent la main, le poignet ou un doigt, et 29 % l’épaule.

Source : http://www.lesechos.fr/economie-france/social/021899767905-sante-au-travail-les-troubles-musculo-squelettiques-coutent-1-milliard-par-an-1219327.php?s7Y6SxqA4qPDw6AJ.99

 

L’OIT travaille avec les syndicats et le gouvernement chinois pour réduire les effets du stress et d’une mauvaise ergonomie sur les travailleurs.

Au cours de sa précédente inspection, en suivant le Manuel d’ergonomie pratique en 128 points de l’OIT , Mme Li avait signalé plusieurs problèmes qui méritaient d’être corrigés. Aujourd’hui, elle assure le suivi: en vérifiant quels points peuvent passer du rouge au vert, signifiant qu’un problème a été résolu, ou du rouge au jaune, indiquant qu’il faut en faire davantage. Les questions d’ergonomie et de stress lié au travail sont relativement nouvelles en Chine et le grand public n’est guère sensibilisé. Mais les conséquences sont bien connues: douleurs chroniques du dos, du cou, des épaules et des poignets; fatigue oculaire et fatigue due à une posture assise ou debout prolongée, à des tâches répétitives ou au port de lourdes charges; problèmes psychologiques comme de la tension ou de l’anxiété causés par des horaires de travail intensifs. L’ergonomie est parfois considérée comme une question mineure de sécurité et santé au travail (SST) par rapport à d’autres enjeux tels que les grands accidents industriels ou les maladies comme la pneumoconiose – due à l’inhalation de poussières dangereuses – qui affecte habituellement les mineurs et qui est la maladie professionnelle la plus couramment répertoriée en Chine. Cependant, dans les économies plus développées d’Europe, les maladies liées à l’ergonomie – en particulier les troubles musculosquelettiques (TMS) – figurent parmi les principales causes de maladie chez les travailleurs, représentant la moitié de toutes les absences et 60 pour cent des incapacités permanentes de travail. L’industrialisation rapide de la Chine signifie que le pays risque de suivre la même voie et de voir émerger les TMS comme l’une des maladies professionnelles les plus courantes.

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«Aucun pays, aucun site de production n’est exempt de risques ergonomiques. Si l’on n’y prend garde, ils peuvent réduire le bien-être, si ce n’est entrainer de véritables handicaps, des pertes significatives de productivité pour l’entreprise, ainsi que des coûts plus élevés de sécurité sociale pour la société», affirme Tim De Meyer, directeur du bureau de l’OIT pour la Chine et la Mongolie . «Nous voulons des lieux de travail plus sains et plus sûrs pour devenir partie intégrante d’une nouvelle normalité. Les capacités d’innovation de la Chine dépendront grandement de la santé d’une main-d’œuvre peut-être moins nombreuse mais plus qualifiée et mieux prise en charge.»

Manuel d’ergonomie pratique

Pour faire face aux risques professionnels liés à l’ergonomie, l’OIT a élaboré le manuel d’ergonomie pratique et une série d’autres outils de SST, comme la méthode WISE (Amélioration des conditions de travail dans les petites entreprises), le programme WIND  (Amélioration du travail dans le cadre du développement local) et la Prévention du stress au travail: liste des points de contrôle .  Ils ont fait leurs preuves et remporté un grand succès pour la promotion de la SST dans de nombreux pays. La Chine compte environ 42 millions de PME, avec peu de ressources et de capacités pour faire face aux risques internes en matière de SST. Pour répondre à ces besoins, le Manuel d’ergonomie pratique en 128 points de l’OIT  est conçu pour être peu onéreux, pratique et facile à mettre en œuvre. Le Manuel a été introduit en Chine en 2013 par la Fédération nationale des syndicats de Chine (ACFTU ) et l’Institut national de la santé au travail et du contrôle des intoxications (NIOHP ), dans le cadre de leur projet de SST, qui bénéficie du soutien technique de l’OIT. La société de Mme Li a commencé à travailler avec le Manuel d’ergonomie à partir de 2015 et a déjà fait part de retours encourageants en termes économiques. Dans sa seule unité opérationnelle, la production par personne et par heure a augmenté de 8 pour cent, permettant de réaliser des économies de 1,52 million de yuans (environ 230 000 dollars). «Tout le monde y gagne», affirme Mme Li. «D’un côté, c’est bon pour les travailleurs puisque leurs emplois sont adaptés à leurs besoins au lieu de leur demander de s’adapter à leurs postes. D’un autre côté, l’entreprise peut bénéficier d’une productivité accrue.»

Le projet-pilote ACFTU/NIOHP (2013-2015) est initialement axé sur quatre secteurs – le charbon, la chimie, l’électronique et la fonderie – qui, ensemble, emploient des millions de travailleurs. En collaborant avec les services de SST des autorités locales et les institutions médicales, il a pu toucher des milliers d’entreprises à travers le pays. Par exemple, dans la province de Liaoning, plus de mille entreprises ont adopté des mesures ergonomiques pour protéger la santé de leurs ouvriers. Les fournisseurs chinois de certaines multinationales ont aussi commencé à s’emparer des questions d’ergonomie et de santé. «Grâce à ce projet, nous espérons aussi promouvoir une civilisation industrielle en sensibilisant l’ensemble de la société aux enjeux de l’ergonomie, en modifiant les normes nationales de santé au travail et en incluant davantage de troubles musculosquelettiques dans la liste nationale des maladies professionnelles», déclare le Professeur Min Zhang, experte en chef du projet de SST de l’ACFTU et du NIOHP. «En intégrant d’abord une question de SST «douce» comme l’ergonomie, l’OIT et ses partenaires chinois espèrent pouvoir sensibiliser plus largement aux bénéfices pour la santé et créer une ouverture afin de s’atteler aux risques plus structurels qu’affrontent les travailleurs chinois en matière de SST», conclut M. De Meyer.

Source : http://www.ilo.org/global/about-the-ilo/newsroom/features/WCMS_474507/lang–fr/index.htm

Séverine Brunet (INRS) : « Chaque année, nous avons plusieurs dizaines de milliers de sollicitations…. »

Interview de la directrice des applications à l’Institut national de recherche et de sécurité pour la prévention des accidents du travail et des maladies professionnelles (INRS). Avec 600 collaborateurs, l’institut adresse des problématiques de santé au travail et de prévention des risques qui touchent 18,5 millions de salariés.

Pouvez-vous nous rappelez-nous les missions de l’INRS dans ses grandes lignes ?

C’est une association en loi de 1901 gérée par un conseil d’administration paritaire composé de deux collèges représentant à parts égales les employeurs et les salariés, présidée alternativement par un représentant d’un de ces collèges. Créé en 1947, l’INRS a pour mission de mettre en œuvre toutes les actions visant à réduire et prévenir les maladies et les accidents qui sont susceptibles d’affecter les 18,5 millions salaries du régime général. Il s’agit là d’une tâche d’une très grande ampleur car nous ne comptons que 600 collaborateurs. Afin de démultiplier nos actions, nous ciblons des relais : les préventeurs des Caisses d’assurance retraite et de la santé au travail (Carsat) et des Comités d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT) ainsi que les Intervenants en prévention des risques professionnels (IPRP) dans les entreprises et les services de médecine du travail. Les collaborateurs de l’INRS rassemblent des ingénieurs, des chercheurs, des techniciens mais aussi des médecins, des documentalistes, des formateurs et de journalistes. L’Institut possède deux sites : son siège de Paris, qui emploie 200 personnes, et celui de Nancy (Meurthe-et-Moselle) qui, avec près de 400 collaborateurs, constitue le centre scientifique et technique où sont menées nos recherches.

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Quelles sont vos principales activités ? 

Nous en avons quatre. A commencer par les  »Études et recherches » qui visent à construire des connaissances nouvelles et à stabiliser des connaissances acquises. Nous avons un portefeuille de près d’une centaine d’études et recherches en cours dans des domaines très variés comme la toxicologie, l’épidémiologie, la métrologie, l’ergonomie, la sociologie, l’économie, le bio-monitoring, l’examen des dispositifs techniques (validation, expérimentation..), la ventilation, l’acoustique, les vibrations, les rayonnements ionisants ou non (comme les champs électromagnétiques) ou encore les rayonnements optiques artificiels (LED, fours verriers, le soudage, les lampes germicides en agroalimentaire). Autrement dit, nous intervenons sur tous les champs qui sont en lien avec les risques professionnels ou les expositions à des nuisances. Qu’elles soient chimiques, biologiques, physiques et relatives aux facteurs organisationnels. Bien sûr, ce sont les chercheurs qui construisent les connaissances nouvelles.

Sur quoi porte votre seconde mission ?

Sur la diffusion des connaissances. Pour cela, nous disposons de trois revues mensuelles d’information, des newsletters, d’un site Web dont l’audience a cumulé 6,2 millions de visites en 2015. Durant cette période nous avons aussi édité 2,5 millions de brochures et d’affiches. Nous réalisons également des films de plus en plus en formats courts diffusés sur la chaîne Youtube de l’INRS. Par ailleurs nous nous engageons sur les réseaux sociaux. Notre revue mensuelle  »Travail et Sécurité », qui est diffusée gratuitement à 90.000 exemplaires aux entreprises de plus de 50 salariés, comporte un grand nombre de photos et d’interviews de  »vrais gens de la vraie vie ».

Des projets ?

Oui. Nous comptons réaliser des dossiers plus construits. Par exemple, le prochain portera sur les Risques psychosociaux (RPS) avec l’ensemble des ressources : affiches, films courts, personnes ressources à contacter et une conférence de presse. C’est une démarche de rupture. L’axe :  »Les RPS : en finir avec les idées reçues ». Nous donnerons des outils simples de prévention. Notamment pour dédramatiser la notion de RPS dont on parle beaucoup dans la presse. Nous voulons aller au-delà de ce qui se fait actuellement. Par exemple, en parlant des violences externes (agressions verbales, incivilités…). A cet égard, il ne faut pas laisser le salarié  »faire de son mieux ». Face à cela, nous avons élaboré une brochure avec des solutions concrètes : comment aménager les espaces de travail.

Comment intervenez-vous auprès des salariés, des entreprises ou des organismes ? 

Cela se déroule dans le cadre de notre troisième mission : l’assistance aux demandeurs, l’expertise ainsi que l’assistance aux ministères, aux agences publiques et aux instances de normalisation. Nous répondons à toutes les sollicitations qui nous parviennent.

Et vous en recevez beaucoup ?

Oh oui ! Plusieurs dizaines de milliers tous les ans ! Les demandes sont très variables : « J’ai encore un lumbago. Que faire ? » ; « J’ai acheté une machine en Chine. L’importateur hollandais qui me l’a livrée affirme qu’elle est certifiée CE. Mais mes salariés utilisateurs la ressentent comme dangereuse… » ; « C’est la 5ème maladie qui provient de cette entreprise. En tant que médecin du travail, je trouve cela atypique. Il est vrai que cette entreprise utilise des produits chimiques… »

Quels traitements apportez-vous à ces sollicitations ?

Soit nous répondons directement au téléphone, soit nous envoyons des documents par mail soit nous aiguillons vers les bons relais de terrain : un bureaux de contrôle ou la Carsat, par exemple. Parfois, nous devons nous rendre sur place. Notamment lorsqu’il s’agit d’une problématique lourde dans un cas particulier. Ce fut le cas avec des foreuses et des fendeuses de bûches. Sur ces machines, nous avons proposé des améliorations ponctuelles. Dans la foulée, cette problématique nous a conduit à les rendre génériques et à faire évoluer la réglementation et la normalisation. Au total, 52 de nos experts participent à 90 commissions de normalisation.

Par exemple ?

Nous participons à l’instruction de la révision de la directive Machine 2006/42/CE. En effet, cette directive date de 2006. Elle commence ainsi à être ancienne. D’autant que les technologies évoluent. Les machines deviennent de plus en plus connectées. Il faut donc en tenir compte. De nouveaux problèmes se posent. En particulier, nous nous interrogeons sur l’impact de ces objets connectés sur la santé au travail, notamment sur la charge mentale des salariés qui peuvent se sentir surveillés en permanence ou voir affluer un surplus d’informations. Par ailleurs de nouveaux types d’accidents sont susceptibles de survenir. Ce fut le cas avec une éolienne en maintenance en France. Elle avait été remise en fonction à distance, en Allemagne, alors qu’un salarié se trouvait encore à l’intérieur.

Quelles sont vos actions en matière de formation ?

La formation est notre quatrième mission. Le programme se découpe en trois parties. Avec, tout d’abord, des formations en présentiel de 2.000 personnes par an au travers de 185 sessions. Ensuite, nous développons également l’enseignement à distance. Enfin, nous misons énormément sur la formation démultipliée : grâce à un réseau de 3.780 organismes de formation privés et publics que nous habilitons et de formateurs que nous certifions, nous avons formé 900.000 personnes en 2015. Les thèmes portent sur le sauvetage et le secourisme au travail, la prévention des risques liés à l’activité physique avec des déclinaisons par secteurs économiques (commerce, industrie, bâtiment, sanitaire et social…). Je voudrais préciser que nos quatre missions sont liées et interdépendantes. Nos experts et chercheurs passent d’une activité à l’autre. Par exemple, nos chercheurs contribuent à l’écriture des brochures et assurent des exposés lors de formations.

Quelles sont les dernières réglementations qui ont touché votre périmètre d’activité en 2015 ? 

Je pense à la directive Champs électromagnétiques de 2012. Avec la Direction générale du travail (DGT), l’INRS a participé à sa transposition en droit français. Ce travail est toujours en cours. Nous avons aussi travaillé sur la directive Rayonnements optiques artificiels de 2010 dont le décret d’application est sorti cette année. Quant au règlement CLP, qui porte sur les dangers des produits chimiques, il a connu une évolution forte en juin 2015 que nous avons accompagnée avec la mise à disposition d’outils et brochures. A cet égard nous avons également sorti le logiciel Seirich qui embarque différentes fonctionnalités pour s’adresser aussi bien aux dirigeants des entreprises qu’à ses spécialistes afin de développer la prévention en matière de produits chimiques.

Et quels sont vos chantiers réglementaires en cours ? 

L’INRS ne porte pas de chantiers réglementaires propres mais il fait partie de nos missions d’y participer. Nos experts sont alors largement sollicités. Il y a d’abord la simplification des évaluations aux expositions au risque chimique. Il faut rappeler que cette exposition concerne plusieurs centaines de milliers de salariés en France et 10% des travailleurs sont en contact avec des produits CMR ! Actuellement, cette exposition est évaluée de manière précise mais complexe donc coûteuse. Les petites entreprises n’en ont pas toujours les moyens au niveau de leurs finances ni les compétences. D’autant que l’évaluation objectivise des seuils d’exposition souvent dépassés. Sur ce terrain, l’INRS veut contribuer en proposant un dispositif allégé mais performant d’une part au travers de la révision de la norme EN 689. Et d’autre part, en participant à des groupes de travail animés par la DGT pour simplifier cette évaluation.

D’autres chantiers ? 

L’INRS travaille aussi sur les valeurs limite d’exposition (VLEP) selon deux axes. Le premier consiste à poursuivre notre contribution aux travaux de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses). C’est l’État qui fixe les VLEP sur proposition de l’Anses. Il y a ainsi plus de 600 VLEP qui interviennent au niveau national ou européen. Certaines VLEP sont contraignantes, d’autres, indicatives ! Les suivre est un travail très complexe. D’autant que les connaissances évoluent en permanence. De plus, des produits nouveaux arrivent de façon fulgurante ou des utilisations se développent de façon massive. Bref, suivre les VLEP est un travail continu. En 2016, nous allons ainsi nous intéresser aux salariés qui manipulent les nano-particules.

Sur les marché des solutions de prévention, quelles sont les tendances que vous trouvez significatives ? 

On voit beaucoup se développer les aides techniques, les aides robotisées et la robotique collaborative. En particulier dans le secteur sanitaire et social, notamment dans les Établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad). Jusqu’à présent, ces aides techniques étaient développées dans le but d’aider à la manipulation des patients sans les blesser. Le problème, c’est que ces aides oublient les salariés qui les utilisent. En d’autres termes, un lève-personne, c’est pratique mais s’il pèse 200 kg avec la personnes à déplacer, le personnel soignant peut contracter des troubles musculosquelettiques.

Que pensez-vous des systèmes de eSanté ?

On entend beaucoup parler de ces systèmes connectés mais on n’en voit pas beaucoup dans la réalité du monde du travail. Ils portent en eux un potentiel intéressant mais, en même temps, posent des questions éthiques. C’est bien de surveiller la santé des salariés mais au profit de qui et dans quel but ? Il y a 3 ou 4 ans, cette question se posait déjà. Mais le débat n’a pas avancé. Néanmoins, il y a des procédés de prévention intéressants : les dosimètres temps réel qui évitent de constater a posteriori les dépassements. De même, il est précieux de savoir où sont situés les travailleurs isolés et dans quel état de santé ils se trouvent. Bref, les technologies avancent mais pas le débat. Nous travaillerons sur ce thème dans le cadre de notre prochain plan stratégique 2018-2022.

Source :

http://www.info.expoprotection.com/

Le stress n’est pas ressenti par tout le monde de la même manière, certains ne peuvent pas travailler sans, c’est comme une source d’adrénaline essentielle pour remporter tous les challenges. Quant à d’autres, ils le perçoivent comme une pression qui les paralyse et qui les rend malades. 

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Le stress peut rendre les travailleurs malade

Pour mieux comprendre ce ressenti, l’organisation internationale du travail (OIT) a publié un rapport sur le sujet à l’occasion de la journée mondiale du stress et de la sécurité au travail organisée le 28 avril dernier. Peut-on vivre avec le stress ou faut-il le réduire au sein de l’entreprise pour le bien-être des travailleurs ? Pression sur les lieux du travail, tension au domicile, le stress est partout, il remplit nos vies avec plus ou moins de conséquences. Il peut même rendre malade.

Au travail, le stress touche les femmes et les hommes

Plus de 80% des consultations médicales seraient liées au stress, entre 60 et 80% des accidents au travail seraient également dû au stress. Les symptômes se manifestent de différentes façons, problèmes digestifs, sommeil, maux de tête, fatigue, vertiges, tension musculaire, irascibilité, anxiété, mélancolie, baisse de libido… Il existe aussi un bon stress, certaines personnes en ont un besoin vital, car il stimulerait leur motivation, la compétition, ces individus ne peuvent pas s’en passer, car cela permet de se sentir vivant. Le stress peut aussi conduire au « burn-out », les hommes et les femmes le ressentent de la même manière, mais le gèrent différemment.

Les hommes vont moins vers les psychologues, les femmes communiquent plus facilement avec leur entourage et elles ont plus enclin à croire que le stress peut avoir des répercussions nocives sur la santé.

Une émotion qui peut conduire à des consommations addictives

Le stress très élevé peut bien évidemment conduire à une détérioration de la santé générale, il peut avoir un impact sur l’apparition des comportements addictifs, tels le tabac, l’alcool, la drogue, la mauvaise alimentation et il ne faut oublier que le stress est également associé bien souvent à une hausse des accidents sur les lieux de travail. L’OIT recommande de mieux sensibiliser sur le stress au travail et de mettre en place des campagnes de prévention. Selon une étude de l’INSERM, les personnes en situation de stress s’exposent aux risques d’infarctus d’où l’importance d’y porter une attention toute particulière.

Source : http://sixactualites.fr/actualites/stress-travail-a-consequences-sanitaires/27355/#eXYiJda128KGmdkM.99

Ce type d’accidents du travail est le plus mortel en Belgique. Les accidents de la route représentent près de la moitié des accidents du travail, constate l’Institut belge pour la sécurité routière à l’occasion de la journée mondiale de la sécurité et la santé au travail.

Un dixième des accidents du travail ont lieu sur la route, et ces accidents sont souvent parmi les plus graves. Les accidents de la route représentent en effet près de la moitié des accidents du travail mortels, rappelle jeudi l’Institut belge pour la sécurité routière (IBSR) à l’occasion de la Journée mondiale de la santé et de la sécurité au travail.

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Lors des déplacements domicile-travail

Chaque année, 60 personnes en moyenne perdent la vie dans un accident du travail sur la route et près de 1.900 sont en incapacité permanente, ressort-il d’une analyse de l’IBSR basée sur les chiffres du Fonds des accidents du travail au cours de la période 2010-2014. Environ 85% de tous ces accidents se produisent lors des déplacements domicile-travail. La plupart impliquent des automobilistes et des cyclistes. En moyenne, ils ont des conséquences nettement plus lourdes que les autres accidents du travail: pour 1.000 accidents survenus sur la route, plus de 126 personnes sont en incapacité de travail permanente ou décèdent, contre 94 pour les autres types d’accidents du travail.

« Il est désormais temps de miser sur la sécurité dans la circulation »

Les employeurs « doivent se rendre compte que les coûts directs et indirects engendrés par les accidents du travail dans la circulation sont énormes. La sécurité sur le lieu de travail est depuis longtemps primordiale dans de nombreuses entreprises. Il est désormais temps de miser sur la sécurité dans la circulation », implore l’IBSR dans un communiqué, avant de rappeler qu’il a mis sur pied un programme sur mesure destiné aux entreprises.

Source : http://www.rtl.be/info/belgique/societe/ce-type-d-accidents-du-travail-est-le-plus-mortel-en-belgique-813769.aspx

Alors que l’on célèbre la Journée mondiale de la sécurité et de la santé au travail, Valentina Forastieri, spécialiste principale de la Santé au travail, la promotion de la santé et du bien-étre de l’OIT présente brièvement les résultats des dernières recherches menées sur l’incidence du stress sur le lieu de travail.

Le lien entre le stress au travail et un mauvais état de santé mentale est clairement établi. Dans une récente publication intitulée «Le stress au travail: un défi collectif », l’équipe de l’OIT chargée de la sécurité et de la santé au travail a passé en revue les études les plus récentes menées sur le stress au travail dans le monde entier, et notamment en Asie et dans le Pacifique, dans les Amériques, en Australie et en Europe. Il en ressort que le stress lié au travail représente chaque année pour la communauté internationale un coût direct et indirect qui se chiffre en milliards. Sans parler du prix sur le plan humain payé en douleur, en souffrances et même, comme l’indiquent certains des rapports que nous avons examinés, en suicides.

Pressions toujours plus fortes sur le lieu de travail

On entend souvent dire que les vies professionnelles que nous menons aujourd’hui sont de plus en plus stressantes; or que nous enseignent les expériences les plus récentes?

Commençons par la mondialisation. Les processus de concurrence mondiale ont transformé l’organisation du travail, les relations de travail et les structures de l’emploi, contribuant ainsi à accroître le stress lié au travail ainsi que les troubles qui y sont associés. Avec le rythme de travail dicté par des communications instantanées et des niveaux élevés de concurrence mondiale, les lignes de séparation entre le travail et la vie privée sont de plus en plus difficiles à identifier, et il est difficile d’atteindre un juste équilibre entre vie professionnelle et vie privée.

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Et ce phénomène a des répercussions mondiales.

Ainsi, nous appelons l’attention sur une étude réalisée au Japon, qui indique que 32,4 pour cent des travailleurs interrogés disent avoir souffert au cours de l’année écoulée d’un fort sentiment d’angoisse, d’inquiétude et de stress au travail. Au Chili, des données de 2011 indiquent que 27,9 pour cent des travailleurs et 13,8 pour cent des employeurs font état de stress et de dépression au sein de leur entreprise. On retrouve des chiffres similaires dans presque tous les pays examinés pour les besoins du présent rapport.

En outre, la récente crise économique mondiale et la récession ont fait peser un lourd fardeau sur de nombreuses entreprises, qui ont été contraintes de réduire leur activité économique pour pouvoir rester compétitives, ce qui a accéléré les restructurations, les réductions d’effectifs, les fusions, l’externalisation et la sous-traitance, l’emploi précaire et un risque plus élevé de licenciements massifs, de chômage de pauvreté et d’exclusion sociale.

Ces pratiques de travail sont à l’origine de ce que l’on qualifie dans ce domaine de «risques psychosociaux». Au sein du lieu de travail, elles favorisent une concurrence accrue, des attentes plus élevées en termes de performance, des cadences de travail rapides et intensives, des horaires de travail irréguliers et chargés, des exigences professionnelles plus élevées, une plus forte précarisation de l’emploi et l’absence de contrôle du contenu et de l’organisation du travail, ainsi qu’une diminution des possibilités d’emploi. Ajoutez à cela la crainte de perdre son emploi, une baisse de la motivation du personnel, une baisse de la satisfaction et de la créativité au travail, et une diminution de la stabilité financière, et l’on obtient de graves conséquences sur la santé mentale et le bien-être des travailleurs, avec les profondes répercussions financières que cela implique.

On commence seulement à quantifier ces coûts connexes directs et indirects. En revanche, certains pays développés évaluent l’impact économique du stress lié au travail, les modèles de comportement associés, et les problèmes de santé mentale. Ainsi, en Europe, on estime que la dépression liée au travail représente un coût de 617 milliards d’euros (€) par an, ce qui englobe les coûts de l’absentéisme et du présentéisme pour les employeurs (272 milliards €), la perte de productivité (242 milliards €), les coûts des soins de santé (63 milliards €) et les dépenses sociales sous la forme de versement des prestations d’invalidité (39 milliards €).

Soulager le stress

Quelles mesures pouvons-nous prendre pour réduire la charge que représente le stress sur le lieu de travail pour nos sociétés et nos entreprises? Voici cinq idées qui, à nos yeux, peuvent avoir des répercussions profondes:

  • Efforts continus. La sensibilisation à ces problèmes est de plus en plus forte. Dans la plupart des pays, les décideurs et les partenaires sociaux sont intervenus en prenant des mesures concrètes pour s’attaquer aux risques psychosociaux qui sont la cause du stress lié au travail. Les partenaires sociaux ont joué un rôle actif, les campagnes de sensibilisation se sont multipliées, et de nombreux réseaux de recherche et d’associations professionnelles ont été impliqués.
  • Prévention. La protection de la santé mentale au travail aura davantage d’impact si elle est axée en priorité sur les stratégies de prévention. Il est essentiel de traiter les causes et les conséquences du stress lié au travail en y associant des mesures à la fois collectives et individuelles.
  • Inclusion. L’amélioration des possibilités de participation à la prise de décisions est associée à une plus grande satisfaction au travail et à une meilleure estime de soi. A long terme, une certaine autonomie dans l’exécution des tâches – aussi minime soit-elle – aura un effet positif sur la santé mentale et la productivité des travailleurs. La participation aux prises de décisions sur le lieu de travail atténue les effets des risques psychosociaux, notamment les exigences professionnelles, et entraîne une diminution de la pression psychologique.
  • Gestion. Un système complet de gestion de la sécurité et de la santé au travail devrait garantir une amélioration des pratiques de prévention ainsi que l’intégration de mesures de promotion de la santé, de sorte que les risques psychosociaux puissent être inclus dans les mesures d’évaluation et de gestion des risques et que leur incidence puisse être gérée efficacement de la même manière que d’autres risques en matière de sécurité et de santé au travail. La participation des travailleurs à ce processus est déterminante.
  • Culture organisationnelle: L’expérience de l’OIT montre l’importance de l’environnement social dans la détermination des comportements au travail et dans leur évaluation; les politiques de ressources humaines jouent un rôle en veillant à ce que les relations de travail soient fondées sur la confiance, l’authenticité et le partenariat.

Aujourd’hui, les travailleurs du monde entier doivent faire face à d’importants changements dans l’organisation du travail et les relations professionnelles; ils sont soumis à une pression de plus en plus forte pour répondre aux exigences de la vie professionnelle moderne. Pour préserver notre santé, notre bien-être et nos moyens de subsistance, nous devons continuer d’œuvrer de façon collective afin de réduire l’incidence du stress sur le lieu de travail.

Source : http://www.ilo.org/global/about-the-ilo/newsroom/comment-analysis/WCMS_475081/lang–fr/index.htm