Eleas encourage les CHSCT à réformer la culture d’entreprise pour mieux gérer le numérique
Ce cabinet de conseil en risques psychosociaux au travail a organisé une conférence lors des Assises des CHSCT portant sur le stress et le numérique. Il préconise un changement de culture managériale auquel les CHSCT sont en mesure de contribuer.

A l’occasion du colloque des Assises des CHSCT organisé par Elucéo ces 9 et 10 mars au Stade de France, Eléas, le cabinet de conseil en risques psychosociaux (RPS) au travail, a donné une conférence sur le thème, Comment rendre la transition numérique des entreprises moins nuisible aux conditions de travail ? Eric Goata, le directeur associé d’Eléas et Gilles Norroy, un consultant partenaire, ainsi que Marc Deluzet, délégué général de l’Observatoire social internationale (Osi) ont prôné des changements dans les cultures d’entreprises pour mieux gérer la transition numérique.
La conférence a touché la question des e-mails et de leur contribution au stress au travail. Dès le début, Gilles Norroy a interrogé le public présent puis a demandé combien de personnes de l’assistance recevaient plus de 30 mails par jour. Un nombre qui est à la limite de l’excès, a-t-il ensuite précisé ! Pour faire face à cette invasion constante dans nos boîtes de courriels, les intervenants ont recommandé aux entreprises d’auditer leur situation numérique afin d’identifier la provenance des mails et, si besoin est, de revoir leur organisation.
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Outre le nombre de mails, leur contenu est aussi critiqué. En effet, « l’une des principales choses qui remontent quand nous effectuons des audits auprès des CHSCT, c’est le sentiment d’urgence, affirme Gilles Norroy. On vit dans la précipitation, l’urgence. Tout est urgent. » Conséquence, les travailleurs se retrouvent désorganisés et stressés. « Une solution consiste à encourager les managers à inclure des délais de temps lorsqu’ils sollicitent leurs collaborateurs. Mais les gérants doivent aussi apprendre à être à l’écoute de leurs équipes et à être dans une démarche de management attentionné pour bien répartir la charge de travail », propose Eric Goata.
Le droit à la déconnexion a également été abordé lors du séminaire alors que le projet de loi El Khomri, actuellement fortement contesté, introduit cette notion dans le Code du travail. « Le numérique a renforcé la porosité entre vie professionnelle et vie privée », explique Gilles Norroy. A cause de la flexibilité des horaires, les problèmes de la vie privée gênent parfois la vie professionnelle et vice versa. « Cependant, le droit à la déconnexion émerge. Il commence à être reconnu implicitement par les employeurs mais les expériences varient considérablement selon les entreprises et les secteurs », explique Eric Goata. Point noir : pas question de négliger les clients. En effet, cette contrainte est peu encadrée au plan contractuel.
Dans ce contexte, le rôle des CHSCT a également été l’un des thèmes importants du colloque. « L’entreprise a tendance à prendre les décisions sans tenir compte de la santé au travail et, petit à petit, les outils numériques provoquent des dégâts. Plus les CHSCT seront en mesure de les évaluer, plus ils seront écoutés par la direction générale », affirme Marc Deluzet. En plus des dommages potentiels du numérique, le risque est de vider le travail de ses dimensions humaines. « Les entreprises peuvent utiliser les outils numériques pour recréer du lien social entre des équipes éloignées par exemple. Mais il est aussi nécessaire de savoir réinventer des rituels présentiels et de leur donner du sens. Tout en évitant de tomber dans la réunionite aiguë », complète Eric Goata.

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