Et la sécurité au travail chez nos voisins suisses?

Un poil plus de 220, sur quelque 2000 entreprises visées. Le nombre de PME nord-vaudoises qui ont participé de près ou de loin au projet VitaLab, initié par la fondation Promotion Santé Suisse, est bien en deçà des attentes. La preuve que pour les PME la gestion de la santé au travail est encore loin d’être un thème prioritaire. «Si l’entreprise ne se situe pas dans une problématique concrète, comme de l’absentéisme ou un conflit interne, elle se sent éloignée de cette thématique, remarque Bérénice Mathez Amiguet, chargée du projet VitaLab pour le canton de Vaud. Et les PME manquent souvent de temps et de ressources tant humaines que financières pour se préoccuper de ça.»

Viser les cadres

Mené en Suisse romande entre 2013 et 2016, dans les régions pilotes du Nord vaudois, du Valais romand et de Bienne Seeland, le projet VitaLab visait à développer et à tester des instruments de promotion de la santé pour les entreprises allant jusqu’à 50 collaborateurs. Ces dernières constituant la majorité du tissu économique. «Nous avons avant tout décidé de sensibiliser les cadres, via des conférences ou des ateliers, car dans une PME, le patron est la pièce maîtresse», souligne Bérénice Mathez Amiguet. Une offre qui a surtout touché des structures du secteur tertiaire. «C’était difficile d’atteindre les entreprises actives dans le commerce de détail et l’hôtellerie.»

topelement

Le projet proposait aussi un «check-up» complet, avec l’analyse d’un questionnaire anonyme et deux ateliers, l’un réunissant les chefs, l’autre les collaborateurs. «Malheureusement, seulement quatre entreprises ont accepté de nous ouvrir leurs portes. Les entrepreneurs ont peur du côté moralisateur, qu’on mette seulement le doigt sur ce qui ne va pas, alors qu’on identifie aussi ce qui fonctionne», note celle qui va prolonger le projet VitaLab encore jusqu’à la fin de l’année.

Partenaire du projet, l’Association pour le développement du Nord vaudois (ADNV) et ses 38 collaborateurs fait partie de ceux qui ont accepté de se mettre à nu. «C’est vrai qu’au premier abord on se demande si on a envie que quelqu’un mette son nez dans nos affaires. Mais le bilan a permis de voir la réalité des problèmes», confie son directeur, Jean-Marc Buchillier. Et pour les empoigner, l’ADNV a décidé de former une Commission santé et sécurité, constituée uniquement de collaborateurs.

«Trois axes sont ressortis. Le manque de sentiment d’appartenance et de projets communs, en raison de l’éclatement des équipes sur plusieurs sites. Une charge émotionnelle trop élevée pour nos collaborateurs qui travaillent dans le domaine de l’insertion. Et des difficultés liées à l’environnement de travail pour notre personnel du secteur touristique», note Anabel Jimenez, responsable RH.

Encouragement financier

Ce dernier point se retrouve d’ailleurs dans de nombreuses structures, petites ou grandes. «On peut dégager deux grosses familles de problèmes. Les troubles musculo-squelettiques et les troubles psychiques, comme le stress, la démotivation ou le burnout, relève Michel Girard, responsable du pôle services à l’Institut universitaire romand de santé au travail. Ce qui est dommage, c’est que les entreprises nous appellent souvent à titre de «pompiers» et non en amont.»

Si personne ne détient la solution imparable pour que les patrons s’attachent à la santé de leurs collaborateurs avant que les problèmes surgissent, Yverdon tente l’incitation financière. «Depuis septembre, nous avons instauré une subvention allant jusqu’à 1200 francs pour les PME désireuses de prendre des mesures afin d’améliorer la santé et le bien-être au travail», explique Gilles Meylan, délégué à l’Agenda 21. Une formule qui marche? Pour l’instant, aucune entreprise ne s’est annoncée.

Source : http://www.24heures.ch/vaud-regions/nord-vaudois-broye/sante-travail-inquiete-pme/story/18743994

About Author

adminifpst