La sécurité des sites industriels en question après les attentats

Depuis la tuerie de Charlie Hebdo, les sites industriels sensibles ont renforcé leur sécurité mais l’Union des industries chimiques réclame le retrait d’informations sensibles des usines du secteur des sites Internet.

L’Union des industries chimiques (UIC) a demandé, mardi 17 novembre, au ministère de l’Environnement, le retrait de toutes les informations relatives aux productions et aux stocks des usines du secteur des sites Internet, a déclaré son directeur général, Jean Pelin. L’UIC, qui fédère 1200 des 3000 entreprises du secteur en France, avait déjà formulé cette demande en juillet mais celle-ci n’a été que partiellement mise en oeuvre. Parmi les 1200 sites Seveso (qui représentent des risques associés à certaines activités industrielles dangereuses), la moitié appartiennent au secteur de la chimie.

A complex oil refinery for making gasoline

«Nous avons réclamé le retrait des informations sensibles sur Internet dès le moins de juillet: informations sur les stocks de produits dispersifs, explosifs, ou productions sensibles. Nous avons reitéré avec une grande fermeté cette demande vendredi dernier et mardi 17 novembre», indique Jean Pelin. Résultat? «Nous avons eu une écoute favorable mais c’est compliqué», rapporte le directeur de l’UIC.

Un directeur de site Seveso, qui souhaite préserver son anonymat, nous confie: «Il suffit de taper ‘plans de prévention des risques technologiques’ (PPRT) et le nom de l’entreprise sur Google et on a accès à tous les éléments relatifs aux PPRT de notre site en libre accès sur le site de la Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement».

Le personnel fiché S

Autre point sensible, les fiches S. «Nous n’avons à ce jour aucun moyen légal de connaître le placement en fiche S, ni des candidats à l’embauche, ni de nos employés», assure ce patron. Jean Pelin confirme: «La loi ne le permet pas effectivement, mais, dans la pratique, des dispositions sont prises pour éloigner ces personnes des sites. Certaines entreprises ont déjà pu avoir des contacts avec la sécurité intérieure. Nous sommes dans une zone grise».

Et quand bien même l’information serait communiquée, «nous n’avons, dans l’état actuel de la législation du travail, aucun moyen d’action. Si la personne est compétente, nous ne pouvons rien faire au niveau de son contrat de travail», assure le patron du site Seveso. Pour Jean Pelin, il faut que les dispositions légales du travail évoluent rapidement face à ces nouvelles menaces.

Pour les autres dispositifs de sécurité, rien ne changera malgré les attentats de vendredi 13 novembre. Mais les patrons d’entreprises n’ont pas peur, même si le risque zéro n’existe pas. En effet, les mesures de sûreté avaient déjà été renforcées après l’attentat, en janvier, à Charlie Hebdo, puis celui de juin, à l’usine Air Products de Saint-Quentin-Falavier (Isère). Les entreprises ont été sensibilisées à ces questions de terrorisme. Les sites à risque ont mis en place un dispositif de sécurité physique contraignant sur les sites: vidéoprotection, badges obligatoires et visibles du personnel de l’entreprise et personnel extérieur, plots en béton pour empêcher l’irruption d’une voiture bélier à la place de simples barrières, clôtures surélevées, rondes régulières des personnels de sociétés de sécurité.

Du côté du coût de plus en plus élevé de ces dispositifs, ce sont les entreprises qui gèrent totalement. «Nous ne recevons aucune aide. C’est un vrai problème. Les industriels ne peuvent pas consacrer toutes leurs ressources à investir dans la sécurité», affirme Jean Pelin.

Source : http://www.lefigaro.fr/economie/le-scan-eco/decryptage/2015/11/18/29002-20151118ARTFIG00004-la-securite-des-sites-industriels-en-question-apres-les-attentats.php

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