La sécurité moins prioritaire dans les TPE-PME?

L’Institut national de recherche et de sécurité (INRS) a publié vendredi 13 mars les résultats d’une enquête réalisée par l’Institut Viavoice, sur les risques professionnels dans les entreprises de moins de 50 salariés. Faisant suite à deux enquêtes semblables datant de 2007 et 2010, elle montre un net recul des questions de santé et de sécurité au travail (SST) parmi les préoccupations des dirigeants.

Ces questions ne sont en effet citées parmi les deux préoccupations principales de l’entreprise que par 26% des dirigeants de TPE (entreprises de moins de neuf salariés) et 35% des petites entreprises (10 à 49 salariés). Contre respectivement 31% et 37% en 2010. La prévention des risques professionnels arrive loin derrière la préoccupation principale que sont les questions financières. Cette dernière, en hausse, révèle sans aucun doute les effets de la crise économique.

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Les principaux risques professionnels auxquels sont exposés les salariés des entreprises interrogés sont les risques liés à l’activité physique, les chutes de plain-pied et le risque routier. Les risques liés à la manutention mécanique sont également cités en tête par les dirigeants des petites entreprises (PE).

Plus de la moitié des TPE n’ont pas de document unique

Quarante neuf pour cent des chefs de TPE (contre seulement 9% pour les PE) considèrent que leur activité ne présente pas de risque particulier et ne voient pas l’intérêt du document unique d’évaluation des risques professionnels. Des chiffres toutefois en baisse par rapport à 2010 (55% pour les TPE, 11% pour les PE). Cette défiance se retrouve dans la proportion de TPE ayant rédigé ce document, qui s’élève à 46% seulement (contre 90% en PE), alors qu’il s’agit d’une obligation réglementaire quelle que soit la taille de l’entreprise.

Quant à l’obligation de désigner un salarié compétent en santé et sécurité, pourtant applicable depuis le 1er juillet 2012, seules 37% des TPE et 48% des PE l’ont satisfaite.

Pourtant 84% des dirigeants des petites entreprises (70% des TPE) déclarent disposer d’outils pour faire une bonne évaluation et 43% ne manquer de rien pour prendre des décisions en matière de sécurité et de prévention des risques. Parmi ceux qui identifient des manques, en revanche, les questions de financement et de temps arrivent en tête de liste.

Le minimum perçu comme suffisant

« Sur la période écoulée, les chefs d’entreprise sont néanmoins plus nombreux à déclarer avoir mis en œuvre des mesures de prévention« , relève toutefois l’INRS. Ainsi, 93% des petites entreprises déclarent avoir mis en place des moyens de protection individuelle (61% des TPE), 81% des actions d’information des salariés (43% des TPE), 71% des actions de formation (26% des TPE), 68% des interventions sur l’organisation ou le management (46% des TPE) et 67% des moyens de protection collective (37% des TPE).

En revanche, si l’on se penche sur les intentions des chefs d’entreprises pour les deux années à venir, celles-ci restent très peu ambitieuses : le nombre de mesures de prévention envisagées n’est que de 0,6 par entreprise en moyenne pour les PE et de 0,3 pour les TPE.

« La prévention est principalement perçue par les chefs d’entreprise comme une contrainte« , conclut l’INRS, qui relève également que « le minimum est perçu comme suffisant« . Quelles leçons en tire l’organisme spécialisé dans la prévention des risques professionnels ? Bien entendu, la nécessité de mieux sensibiliser les TPE-PME.

L’INRS rappelle qu’il déploie, en partenariat avec la Cnamts et le réseau des Carsat/Cramif/CGSS, des programmes d’actions visant des secteurs d’activités particuliers comme la réparation automobile, la construction, le transport routier et la restauration traditionnelle.

Source : http://www.actu-environnement.com/ae/news/sante-securite-travail-sst-tpe-pme-recul-inrs-24092.php4

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