Qu’est-ce qu’un site Seveso?

C’est le nom d’une commune italienne située au nord de Milan, où un drame industriel s’est déroulé le 10 juillet 1976. Ce jour-là, un nuage contenant de la dioxine s’échappe de l’usine Icmesa, située à Meda, et se propage. Quatre communes, dont Seveso, sont touchées. Mais rien ne se passe : les salariés reprennent le travail deux jours plus tard. L’usine communique l’émission toxique aux autorités le 19 juillet seulement et la population est évacuée qu’à partir du 23 juillet. Bilan : 193 personnes, soit 0,6 % des habitants de la zone concernée, présentent de la chloracné, c’est-à-dire une infection de la peau, 3.300 animaux domestiques meurent intoxiqués et 70.000 têtes de bétail sont abattues. Six ans plus tard, en 1982, une directive européenne, appelée directive Seveso, impose aux États membres de l’Union européenne d’identifier les sites industriels présentant des risques d’accidents majeurs.

Combien de sites sont-ils classés Seveso en France ?

Près de 1.200. Ces établissements sont classés selon leur risque technologique et il existe deux niveaux de dangerosité : « Seveso seuil bas », famille à laquelle appartient l’usine de Saint-Quentin-Fallavier où s’est déroulé l’attentat, et « Seveso seuil haut », soit 647 sites en 2014. Les établissements Seveso sont soumis à certaines obligations, que les directives successives ont fait évoluer. La dernière, la directive européenne Seveso 3, a été transcrite dans le droit français et vient d’entrer en vigueur – elle est appliquée depuis le 1er juin dernier. Elle renforce notamment le droit du public à être informé par voie électronique et son association aux décisions.

A quelles obligations sont soumis les sites Seveso ?

Les exploitants de ces établissements doivent notamment rédiger des rapports détaillant tous les scénarios possibles d’accident. Ils doivent évaluer leurs conséquences et mettre en place des moyens de prévention, c’est-à-dire des mesures permettant d’éviter ou de limiter la survenue d’un accident, et des mesures de protection, c’est-à-dire des mesures visant à limiter les effets sur les personnes et l’environnement en cas d’accident. Ces études servent également à élaborer des plans de secours. Les salariés doivent être formés aux risques et les riverains, tenus informés.

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