Sécurité au travail : l’Europe montre l’exemple

L’Agence européenne pour la sécurité et la santé au travail (EU-OSHA) vient de publier la 2ème vague de son enquête ESENER-2, centrée sur la façon dont les organisations de toutes tailles gèrent la santé et la sécurité, dont les risques psychosociaux. Un sujet dont se sont emparées trois quarts des entreprises de l’Union européenne.

Travailleurs âgés (plus d’un quart des effectifs dans 21 % des établissements de l’Union européenne), télétravail régulier (13 % des entreprises), difficultés de compréhension de la langue pour des salariés étrangers… Les lieux de travail européens se modifient en permanence, soulevant de nouveaux défis concernant la santé et la sécurité des collaborateurs.

Basée sur les réponses recueillies auprès de 50 000 d’entre eux dans 36 pays, l’enquête ESENER-2 livre un état des lieux précis et détaillé, dont voici les principaux enseignements. 76 % des établissements intégrés dans l’enquête procèdent régulièrement à des évaluations des risques. Sans surprise, il existe une corrélation positive avec la taille de l’établissement.

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Des enjeux légaux et de réputation

Autre résultat intéressant, les questions de santé et de sécurité sont régulièrement abordées par l’encadrement supérieur dans 61 % des organisations, le pourcentage augmentant avec la taille de l’établissement.
Le fait de procéder à des évaluations régulières des risques est considéré dans l’immense majorité des établissements comme une façon utile de gérer la santé et la sécurité, un constat retrouvé dans les différents secteurs. La communication est également de mise : dans neuf cas sur dix, un document expliquant les responsabilités et les procédures en matière de santé et de sécurité a été établi.

Quelles sont les raisons qui poussent les entreprises à gérer la SST (santé et sécurité au travail) ? Principal motif, invoqué par 85 % d’entre elles : le respect d’une obligation légale. Dans certains pays, notamment ceux qui ont rejoint l’Union européenne en 2004, l’incitation le plus fréquemment mentionnée est la préservation de la réputation de l’organisation. Une autre raison – la seconde par ordre d’importance – est de répondre aux demandes des travailleurs ou de leurs représentants.

Une demande qui implique aussi une participation active : près de quatre établissements sur cinq qui procèdent à des évaluations des risques impliquent leurs salariés dans les mesures post-évaluation des risques.

Les salariés impliqués dans les mesures

D’autres parties prenantes sont évidemment impliquées dans la SST : les médecins du travail (68 %), les consultants généraux en santé et en sécurité (63 %) et les experts en matière de prévention des accidents (52 %) sont le plus souvent sollicités.

Concernant les modes de représentation des travailleurs, un délégué à la santé et à la sécurité est la personne la plus fréquemment mentionnée dans 58 % des établissements, notamment dans les secteurs de l’enseignement, de l’industrie manufacturière et de l’administration publique. Enfin, dans près des trois quarts des entreprises, les chefs d’équipe et responsables opérationnels bénéficient de formations sur la manière de gérer la SST dans leurs équipes.

L’enquête ESENER-2 s’est également intéressée à la prise en compte des risques psychosociaux (RPS). Un peu plus de la moitié des établissements déclarent disposer d’informations suffisantes sur la manière de les intégrer dans les évaluations des risques.

Parmi les entreprises ayant pris des mesures de prévention des risques psychosociaux, deux tiers d’entre elles ont associé les travailleurs dans leur conception et leur mise en œuvre. Un élément confirmant la prise de conscience d’une nécessaire collaboration de tous les acteurs du lieu de travail sur les questions de SST.

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