Frouke Vermeulen a 31 ans. Hautement qualifiée, elle occupe une fonction en totale concordance avec son diplôme… jusqu’au jour où elle craque. Diagnostic : un bore-out, du terme anglais to be bored (s’ennuyer). Ce  » syndrome d’épuisement professionnel par l’ennui  » désigne un état de fatigue physique et mentale engendré par l’absence de stimulation intellectuelle, le désintérêt pour son travail et/ou le manque d’activités susceptibles de procurer satisfaction, plaisir et énergie. Elle a voulu raconter sa propre histoire, complétée de notions scientifiques et d’avis personnels.  » Pour que d’autres, dans des situations similaires, se reconnaissent, trouvent une forme de reconnaissance, les premiers pas vers la guérison « , insiste Frouke Vermeulen, qui suite à son bore-out a opéré un profond changement de carrière et accompagne actuellement des personnes souffrant de ce même problème.

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Tabou

Il n’est pas simple de reconnaître en soi un bore-out et d’en parler à son entourage. Frouke Vermeulen en sait quelque chose.  » L’ennui m’envahissait non seulement quand j’avais trop peu à faire, mais aussi quand je travaillais beaucoup et que j’étais complimentée pour mon travail, témoigne-t-elle. Je n’osais pas dire que je décomptais les minutes jusqu’à l’heure de rentrer à la maison. Et une fois à la maison, je restais apathique pendant des heures. De cela non plus je n’osais pas parler, car tout le monde autour de moi paraissait mener une vie passionnante. Je voulais faire quelque chose d’amusant pour me détendre mais je n’arrivais pas à me mettre en route. De plus, j’estimais que je ne le méritais pas après une journée, à mes yeux, inutile. Je ne m’accordais que des sports extrêmes, comme si cela pouvait justifier mon existence. Mais cela ne me rendait pas plus énergique pour autant, et finalement je devais non seulement me motiver pour aller travailler ou faire du sport, mais aussi pour me préparer à manger, me laver ou prendre une douche. « 

Bore ou burn-out ?

L’ennui n’est pas un sujet inexploré. Il a déjà été abordé par des philosophes, des écrivains et des poètes à l’époque de la Grèce antique et fait l’objet d’études scientifiques depuis plus de 100 ans. D’après le psychiatre/psychothérapeute Dirk De Wachter, l’ennui (sain, temporaire) permet de trouver le calme en soi ou d’entrer en contact avec qui l’on est et/ou ce que l’on souhaite réellement. Le psychologue américain Gary Marcus prétend que l’ennui a une fonction de signal : il vous dit que vous feriez mieux de faire autre chose.  » Mais que faire d’autre, quand on ne sait pas comment y échapper concrètement ?, poursuit Frouke Vermeulen. Dans ce cas-là, un ennui sain, temporaire peut évoluer en un ennui chronique qui vous épuise complètement, mentalement et physiquement. « 

Les symptômes d’un boreout peuvent alors ressembler très fort à ceux (mieux connus) d’un burn-out, même si les circonstances qui y mènent et la voie pour en sortir sont différentes. Frouke Vermeulen s’explique :  » Dans un burn-out, on peut rééquilibrer le niveau de stimulation/stress. Dans un bore-out en revanche, diminuer ou augmenter l’intensité de stimulation n’est pas la solution ; il convient de modifier le type de stimulation. Mais percevoir quelles sont les choses qui vous donnent de la satisfaction n’est pas chose aisée quand on se trouve en plein bore-out. « 

Source de honte

Les chiffres sont étonnants : dans une enquête européenne de 2008, portant sur 11.238 personnes venant de 7 pays européens, la société Stepstone a montré que 32 % des salariés européens occupent un emploi où ils n’ont rien à faire. Ce qui ne veut pas dire qu’ils souffrent tous de bore-out... Christian Bourion, rédacteur en chef de la Revue internationale de psychosociologie, auteur d’un ouvrage sur le phénomène et d’une vaste étude en 2011, explique que si 90 % des travailleurs dans ce cas ne seront pas heureux de cette situation, elle pourrait convenir très bien aux 10 % restants… De plus, il faut aussi y ajouter ceux qui ont du travail, mais qui s’y ennuient, ne s’épanouissent pas dans ce qu’ils font…

Car l’ennui au travail est source de honte, de culpabilité, en particulier en période de crise économique où les taux de chômage atteignent des sommets… Aussi, les personnes qui en souffrent font peser un tabou énorme sur leur situation, elles n’osent pas en parler à leur entourage…

Pourtant il est essentiel d’en sortir. D’après Selon la revue American Journal of Epidemiology, le bore-out triple le risque de maladies cardio-vasculaires chez ceux qui y sont exposés. Il serait par ailleurs source de dépression, d’une fatigue importante et d’une perte d’estime de soi.

C.M.

Compétences de base

Réfléchir à ce que l’on sait bien faire n’aide pas d’emblée à en sortir.  » Car ce que l’on sait bien faire, on ne le fait pas nécessairement avec plaisir. Il s’agit de découvrir ses compétences de base qui reflètent votre nature, vos dispositions naturelles, votre motivation intrinsèque ou votre envie d’en faire quelque chose.  » Ces  » talents  » peuvent s’être exprimés il y a bien longtemps, durant l’enfance.  » Si vous avez la possibilité de mobiliser vos compétences de base au travail ou dans vos loisirs, vous retrouverez de l’énergie et de la satisfaction, affirme Frouke Vermeulen. Si vous ne pouvez pas donner libre cours à ces qualités fondamentales, cela se paiera d’une manière ou d’une autre. Vous vous ennuierez rapidement ou aurez l’impression de rater quelque chose, aussi enviable que soit votre situation ou le nombre de compliments que vous recevez. Et si vous vous retrouvez surtout dans des situations où vous devez mettre en oeuvre vos points les moins forts, cela va vous demander énormément d’énergie et vous n’aurez pas la possibilité d’y exceller.  » 

Le moyen de sortir d’un bore-out consiste donc, éventuellement avec l’aide d’un analyste, à prendre conscience de ses compétences de base et à voir dans quel type d’activités vous pouvez les mettre en oeuvre.  » Concrètement, cela revient à envisager la possibilité d’un changement de carrière, à redécouvrir d’anciens hobbies, à s’ouvrir à de nouveaux, etc., explique-t-elle. Cette démarche permettra aussi de mieux connaître certaines facettes de votre personnalité. Certains traits de caractère vont déterminer quelles activités vous procurent satisfaction et quel est votre niveau de stimulation optimal.  » Selon elle, l’hypersensibilité et le haut potentiel augmentent le risque de bore-out.

Son propre maître

 » Pour tracer votre nouveau chemin de vie, restez votre propre maître. Ne vous laissez pas ou plus mener par le regard ou l’approbation d’autrui. Et si vous ne vous sentez pas de taille à accomplir seul les premiers pas vers la guérison, recourez à l’aide de proches que vous connaissez bien : famille, amis, médecin traitant. Vous pouvez aussi faire appel à un coach spécialisé, un analyste, un psychologue ou un professionnel formé à la pleine conscience. Il n’est pas facile de mettre son employeur au courant. Mais un bon employeur prendra votre problème à coeur, pour vous aider en tant que personne, mais aussi pour éviter ou limiter le coût des congés de maladie. « 

En attendant, n’hésitez pas à vous lancer dans des formations ou à en parler à votre employeur : peut-être vos collègues s’approprient-ils le travail intéressant pour vous refiler le moins épanouissant…

Source : http://www.levif.be/actualite/sante/bore-out-malades-d-ennui-au-travail/article-normal-445413.html

Selon l’article 6 de l’avenant du 20 juin 2002 relatif aux salariés des centres d’appel non intégrés « Les séquences de travail ne peuvent être supérieures à 3 heures de travail effectif. Au choix de l’employeur et en fonction des séquences de travail, une pause obligatoire doit être respectée, celle-ci pouvant être soit d’une durée de 10 minutes toutes les 2 heures de travail effectif, soit de 15 minutes toutes les 3 heures de travail effectif. Ces pauses rémunérées sont exclues de l’appréciation du temps de travail effectif »

Selon le Conseil de prud’hommes de Caen, Madame X… et huit autres salariés de la société Y… dont l’activité relève de la convention collective nationale du personnel des prestataires de service dans le domaine du tertiaire du 13 août 1999, ont saisi la juridiction prud’homale d’une demande de rappel de salaire au titre du temps de pause tel que défini à l’article 6 de l’avenant du 20 juin 2002 relatif aux salariés des centres d’appel non intégrés.

Pour faire droit à leur demande, le Conseil de prud’hommes de Caen, après avoir énoncé qu’il résulte de l’article 6 de la convention collective applicable que « pour toute journée de travail supérieure à 6 heures, la pause quotidienne doit être de trente minutes » et que si « la répartition de cette pause est au choix de l’employeur … en aucun cas cette pause doit se cumuler avec la pause du déjeuner soit après la deuxième séquence de travail selon le schéma transmis lors de l’audience », a retenu que, pour une amplitude de travail de 7 heures, les salariés bénéficiaient de pause d’une durée de 20 minutes.

La Cour de cassation a considéré qu’en statuant ainsi, alors que le temps du déjeuner, qui s’intercale entre deux périodes de travail effectif, est un temps de pause, le Conseil de prud’hommes de Caen a violé l’article 6 de l’avenant du 20 juin 2002 relatif aux salariés des centres d’appel non intégrés, ensemble l’article L. 3121-1 du code du travail interprétés à la lumière de la Directive 2003/88/CE du Parlement européen et du Conseil du 4 novembre 2003.

Source : http://rocheblave.com/avocats/temps-de-pause/10-objets003